dimanche, 12 octobre 2008
CODEX ATLANTICUS (VOL. 17)

Parmi les 11 textes de cette anthologie, citons :
- L'épitaphe de Jean-Jacques Nuel, où comment consacrer toute sa vie à peaufiner une phrase résumant à la fois "le néant et l'infini".
- Peuchâtre et Gésirac de Michel Rullier, une histoire d'ogrerie qui fait courir des frisons d'horreur délicieuse dans l'échine des anciens enfants que nous sommes.
- Les livres invisibles de Philippe Vidal (et si l'unique salut pour la réalité était de finir par n'être plus évoquée du tout ?)
- L'homme-crochet de Philippe Bastin, un noir-gore du Nord, fleurant bon les canaux brumeux et la bière triste.
- Reflet de Franck Denet, dans lequel la vanité féminine encaisse un cuisant et définitif retour de bâton.
- Extension du domaine de la punition de Timothée Rey, qui illustre diablement bien l'adage "la curiosité est un vilain défaut"
- La sagesse du fossoyeur, de Stéphane Mouret, mettant en scène un jeune croquemort amoureux, sorte de double malchanceux du Francesco Dellamorte de Michele Soavi.
Enfin, à lire ci-dessous, la contribution de votre serviteur :
L’exclusif
De son propre aveu, Karl n’était capable de s’intéresser dans la vie qu’à deux ou trois choses à la fois, mais en s’y vouant corps et âme, jusqu’au fin fond des possibles.
En société, il avait toujours considéré qu’il était inutile d’avoir une opinion - et, par là-même, de converser - sur ce que l’on connaît peu ou pas du tout. Une ligne de conduite qui, à chaque réception d’amis, le condamnait soit à rester passif (chose que sa haute estime de lui ne pouvait tolérer très longtemps), soit à faire habilement dévier la discussion jusque dans les rares domaines où il régnait en spécialiste absolu.
De retour dans ses « terres », il avait alors loisir de briller de tous ses feux, contestant, ergotant, chicanant, glosant, démantelant lettre par lettre, avec une puérile opiniâtreté, les inexactitudes, les hérésies proférées par quelque téméraire. Les profanes en sortaient ridiculisés, laminés, il les avait à l’usure. Et j’ai souvenir d’innombrables soirées changées en matins au cours de la même controverse.
Seulement, autour de lui, on commençait à identifier les embûches qu’il tendait au détour des repas et l’on se surveillait, afin de ne point offrir de prises à ses ergots rhétoriques. Cela limitait fortement le nombre de sujets de conversations possibles, mais au moindre relâchement de vigilance, Karl-le-condor fondait, goguenard.
Ses sacrifices en public - une véritable machine à débouter les amitiés - bien que non dénués d’une certaine esthétique, créaient alentour une sorte de vide, un appel d’air continu, un renouvellement constant de compagnons de loisirs.
Jusqu’au jour où - Karl ayant sans doute épuisé le vivier local - il n’y eut plus de nouveaux amis.
Privé de son oxygène, les serres ballantes, rongé par son besoin de mise à mort, Karl finit par se résoudre à ne s’entretenir et à ne polémiquer plus qu’avec lui-même.
Ce fut un soir, après un dîner fort civil au sortir duquel il était même parvenu à sourire d’un bon mot de l’autre, que son « moi » spécialiste partit à l’assaut de son « moi » lacunaire.
Cela commença par une joute verbale unilatérale où chaque boutade lancée par le Maître allait se perdre dans les tréfonds muets du béotien. Peu habitué à une telle absence de résistance en ouverture de polémique, l’Inspiré resserra son emprise, poussa plus loin le bouchon et l’introspection, pourchassa l’ennemi jusque dans ses derniers retranchements, peu à peu s’autophagocytant.
Au bout de quelques heures, ayant débusqué l’ignare en lui, Karl rendit tout son dîner en même temps que son âme, retourné comme un gant.
17:14 Publié dans J'AI LU / RELU | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
dimanche, 05 octobre 2008
"Ce champ doit être renseigné ", m'a-t-il été péremptorié.
Quoi de commun entre ces deux ouvrages ?
Rien ou presque, un seule chose à vrai dire : il m'ont tout deux décontenancé.
Je peux pas dire que j'ai aimé
Je peux pas dire que j'ai haï
Je suis juste allé au bout des deux
Ca a parfois été laborieux,
Ca a été un peu comme ce retour à la vie
Après ces quelques mois de mort.
Vous croyiez que je ne reviendrais pas, hein ?
Souhaitez-moi la bienvenue !
SOUHAITEZ-MOI LA BIENVENUE !!!!!
Y'a quelqu'un ?
REE-PON-DEEZ MOIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII!!!!!!!!!!!!!!!
18:42 Publié dans J'AI LU / RELU | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
mercredi, 02 juillet 2008
ARTO-THERAPIE

Ceci est une réclame
pour l'ouvrage
"Piccoli suicidi tra amici"
de Arto Paasilinna.
Voici, pour cet été, un succulent glaçon venu du froid qui vous rafraîchira les neurones et vous donnera, s'il en est besoin, une gueusement fourtre leçon de vie !
(Ben quoi, c'est en Italien ? Parce que vous croyez qu'il n'y a qu'en Franchouillie qu'on connaît Paasilinna ? Personnellement, j'ai d'abord lu ce fantasque finlandais dans la langue de Dante. Ceci, grâce à l'excellente maison d'édition transalpine Iperborea, specialisée dans les auteurs nordiques.)
Découvrir le Monde, c'est toujours mieux avec plusieurs yeux !
23:56 Publié dans J'AI LU / RELU | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 12 mai 2008
Le renne blanc (Claude Caillat)
10:20 Publié dans J'AI LU / RELU | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


